Parti Socialiste

Municipales à Aix : les grandes manoeuvres ont commencé

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Aix-en-Provence / Publié le samedi 08 juin 2013 à 14H50

Cinq candidats publiquement déclarés à ce jour à la primaire, et au final, un seul leader. Revue des engagés

 

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La Provence
Les candidats.

 

Il (ou elle) sera celui (ou celle) qui incarnera la liste socialiste dans la bataille pour l’alternance à la mairie d’Aix en 2014. Il (ou elle) sera le visage du rassemblement d’un parti qui, comme ailleurs mais surtout ici, est plus souvent rosse que rose.

Il (ou elle) sera donc le leader incontesté sorti des urnes d’une campagne, qui en préfigure une autre. Le leader socialiste qui manquait tant. À c et aussi à , mais c’est une autre histoire.

Le peuple de gauche aixois, au lendemain de la législative de 2012, pouvait penser que les primaires lui seraient inutiles : Jean-David Ciot (PS) venait de battre (UMP). Homme d’appareil, pas forcément consensuel pour cause d’années passées au cabinet de qui sait nouer les consensus.

Une désignation interne des militants à l’ancienne – pas forcément truquée, disons juste un peu bidouillée grâce au volant de cartes que maîtrisent les barons des sections – et l’affaire était jouée, le leader tout trouvé et une campagne épargnée.

Oui mais voilà… En risquant de se retrouver en correctionnelle en plein milieu de la campagne -même si les faits sont sans commune mesure avec ceux qui fournissent les dossiers judiciaires ou – se retrouve de fait hors course.

Un argument de plus pour mettre en route le processus de la primaire dans ce PS tourmenté. Il y a d’abord cette fédération départementale sous tutelle et sous le coup d’un rapport Richard qui ne peut se permettre un nouveau naufrage, avec des candidats qui s’étripent publiquement, faute d’investiture.

Il y a encore cette municipale, une élection de mi-mandat où l’on en a terminé avec le rêve présidentiel et où politiquement, le risque est toujours plus grand. Il y a enfin ce goût pour ce genre de dynamique démocratique loin des arrière-salles d’appareil : plus de 6 600 électeurs aixois puis 6 900 s’étaient pris au jeu au premier et au deuxième tour de la primaire présidentielle en 2012.

Interdiction de s’étriper

Alors voilà, avant le 10 juillet date de dépôt officiel des candidatures, Aix compte déjà cinq candidats () publiquement déclarés, un (Guinde) qui ne l’a fait que devant les militants. Et l’ancienne tête de liste , qui ne lâchera pas l’union scellée avec le centre (interdit, lui, de primaire), mais qui réfléchit encore…

À venir donc une campagne d’équilibristes, où les candidats ont interdiction de s’étriper publiquement, mais où le ressentiment de certains envers d’autres n’est qu’un secret de Polichinelle, le tout dans un parti balakanisé où le militant de base est plus motivé par l’assaut de la citadelle Joissains que par le charisme d’un candidat.

Il y a aussi la question de la mobilisation citoyenne, large pour la présidentielle et ses candidats lointains, peut-être moins massive pour un personnel politique tout en proximité et donc moins policé…

On peut craindre que le PS aixois ne creuse un peu plus sa tombe à coup de pelles d’égos mal placés. On peut, aussi, espérer que cette primaire aura des vertus d’émulation, de bouillonnements d’idées. Du moins, on peut essayer.

Les candidats déclarés

Gaelle Lenfant, « la passionaria »

42 ans, bibliothécaire de formation, féministe revendiquée, encartée au PS au lendemain du 21 avril 2002, a connu une ascension fulgurante au sein de l’appareil où elle a des responsabilités nationales, vice-présidente de la région PS, et candidate deux fois défaite aux législatives face à l’UMP Christian Kert.

Points forts

C’est une femme, avec une autre façon d’aborder la campagne. Déterminée voire obstinée voire radicale.

Points faibles

Ses ambitions ne font pas l’unanimité dans son camp, où traîne toujours un vieux fond de misogynie.

Elle a dit

« Je saurai gouverner la ville » et « Pour être adjoint, il ne faudra travailler qu’à mi-temps »

Jacky Lecuivre, « le capitaine »

61 ans, ancien pdg d’un grand groupe international, ancien-vice-président du Pays d’Aix rugby club. Jamais élu mais encarté au PS depuis 1980 et secrétaire de section à Aix depuis 2010.

Points forts

Ne s’embarrasse pas des us et coutumes internes au PS, a le pragmatisme et les méthodes d’un entrepreneur, la convivialité rugbystique et une grande gueule.

Points faibles

Une notoriété toute relative, un réseau et un entourage pas forcément taillé pour parer les mauvais coups d’une campagne, une grande gueule.

Il a dit

« Il faut un plan d’urgence pour les quartiers d’Aix » et « Des emplois, moi, j’en ai créés« .

Cyril Di Méo, « le jeune fougeux »

Son parcours

37 ans, professeur d’économie au lycée militaire, encarté pendant quinze ans chez les Verts, dont il a été exclu pour avoir figuré sur la liste De Peretti (MoDem) en 2008. A fait figure de vif opposant à Maryse Joissains entre 2001 et 2008. Encarté aujourd’hui au PS.

Points forts

A fait de nombreuses campagnes, travaille méthodiquement, c’est son profil Sciences-Po, a de vraies convictions.

Points faibles

A des airs d’ados en rebellion et fait un peu son père la morale quand il s’agit d’éthique en politique.

Il a dit

« Il faut ouvrir les portes et les fenêtres » et « réorganiser largement les leviers de l’action publique »

Jacques Agopian, « le second qui veut être premier »

62 ans, directeur commercial. Elu sur les deux mandats Picheral au titre de la société civile, a été adjoint, s’est encarté au PS en 2000. A pendant des années porté les bidons dans l’ombre d’Alexandre Medvedowsky.

Points forts

Occupe le terrain – tous les terrains – depuis la défaite municipale de 2009, où il a décidé qu’il serait candidat à la mairie d’Aix en 2014. Connaît bien les rouages de la mairie d’Aix.

Points faibles

Quelques intrigues lui ont valu des inimitiés dans son camp, entretien une proximité qui dérange avec Maryse Joissains, pas toujours la classe internationale dans ses propos.

Il a dit

« Une volonté politique ne vaut que lorsqu’elle est mise en oeuvre par une administration efficace »

Edouard Baldo , « Monsieur Eddy »

65 ans, ancien avocat du groupe Carrefour, a couru le monde, polyglotte, a travaillé dans les cabinets ministériels (Badinter, Hernu) et à l’Elysée (Mitterrand). Militant au PS depuis 1969 et élu d’opposition à Aix de 1983 à 1989.

Points forts

Homme de dossiers, esprit vif, une urbanité que l’on ne trouve plus que dans les salons de l’ambassadeur, l’éthique comme étendard.

Points faibles

Son urbanité qui risque de passer pour de la transparence dans les mordantes campagnes aixoises, une notoriété relative.

Il a dit

« J’ai cinq chantiers prioritaires pour la ville d’Aix« . Dont les « transports gratuits »

Et ceux qui pourraient l’être :

André Guinde, « Le vieux routier »

Son parcours

Il a un long parcours en politique – encarté depuis 69, élu au Conseil général et à la ville depuis 25 ans – mais garde un souvenir amer de la municipale de 2009, où il n’a pu être tête de liste.

Il est en où…

Jacques Agopian lui a proposé de former un ticket à la primaire pour obtenir le soutien de son large réseau sans mettre en première ligne le septuagénaire, qui n’incarne pas vraiment le renouvellement. Peine perdue. La semaine dernière, André Guinde annonçait aux militants sa candidature. Mais publiquement jusqu’ici, rien.

Alexandre Medvedowsky, « l’énarque malchanceux »

Son parcours

Il avait tout pour réussir : énarque, conseille d’Etat, adjoint des deux mandats Picheral et conseiller général. Et puis… Tête de liste PS, battu deux fois aux municipales et aux législatives par Maryse Joissains, il n’est plus l’homme de la situation au PS. D’uatant qu’il s’est éloigné d’Aix pour mener sa carrière, aujourd’hui, d’avocat d’affaires.

Il est en où…

Il dit qu’il ne s’interdit rien, tout en disant que cette primaire est une masarade. Son alliance avec le centriste De Peretti depuis 2009 est toujours d’actualité. Mais il est le seul à pouvoir candidater à la primaire, puisque le centre en est exclu.

Le mode d’emploi

Attention, ils se sont déclarés mais leur candidature n’est pas entérinée. Pour ce faire, ils devront réunir 400 parrainages citoyens (un seul par électeur inscrit sur les listes électorales aixoises) et 20 parrainages de militants socialistes aixois.

Et c’est déjà pas une sinécure puisque les deux sections socialistes comptent environ 250 militants (avec 6 candidats, il faut donc 120 parrains) et que la fédération PS qui détient les listings affiche des réserves pour les fournir en brandissant une règle de la CNIL.

Les candidats devront les remettre à la haute autorité des primaires présidée par Jean-Pierre Mignard entre le 1er et le 8 juillet à minuit. Laquelle annoncera le 17 juillet, les candidatures retenues. La campagne officielle démarrera fin août jusqu’au 12 octobre. Premier tour le dimanche 13 octobre et deuxième tour le suivant, si besoin.

Pour faire campagne, les candidats aixois auront chacun un budget de 3 000€ (contre 20 000€ à Marseille) mais c’est la somme totale (18 000€ à Aix par exemple s’il y a six candidats) qui sera imputée au compte de campagne de la liste conduite à la municipale.

Les candidats doivent aussi signer une charte éthique qui leur interdit notamment de dauber sur leurs adversaires. Puisque le principe premier de la primaire, c’est que tous les perdants se rangent derrière le gagnant à la fin.

Alexandra Ducamp

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